Hatfields and McCoys – Affaires de familles

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Chaque nation a besoin de légendes, de grandes sagas qui se fraient un chemin dans la mémoire collective et se transmettent de génération en génération comme le témoin d’une époque, un curseur que l’on déplace sur la droite du temps et qui, rétrospectivement, servent à ancrer un passé commun. La rivalité des Hatlfield et des McCoy appartient à cet imaginaire qui s’enracine dans la tragédie shakespearienne. Qu’elle naisse en 1863 à la fin de la Guerre civile entre le Sud et le Nord renforce encore son caractère symbolique et lui confère une sorte d’universalité.

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Le conflit oppose deux familles qui se sont affirmées et qui ont trouvé leur identité, leur cohésion et leur force dans l’opposition à un clan ennemi. Les McCoy, une famille d’agriculteurs profondément chrétiens, vivaient au Kentucky sur une rive de la Tug Fork, un bras de la Big Sandy River. Les Hatlfield, bûcherons athées, étaient implantés en face, de l’autre côté de la rivière, en Virginie occidentale. Chaque camp était dirigé par une figure paternelle forte. D’un côté, Randolph McCoy, descendant d’un émigré irlandais, de l’autre William Hatfield, soldat héroïque puis déserteur du clan confédéré, dont l’oncle a tué un membre de la famille d’en-face.

Pour ajouter encore à la tension entre ces deux familles qui faisaient partie des premières vagues de pionniers du milieu du XVIIIe siècle, l’une (les Hatfield) était plus fortunée et mieux insérée dans la vie politique et économique locale, grâce au commerce du bois, essentiel en cette période de Reconstruction post-conflit. Le comportement des uns et des autres pendant la guerre, leur capacité ou leur incapacité à accepter la paix qui en a résulté, les rivalités économiques et les différends moraux et religieux, le tout exacerbé par une tendance affirmée à la beuverie, pousse ces deux familles à se livrer leur propre "guerre civile", de part et d’autre de la frontière entre deux Etats qui peinent à retrouver une place dans l’Union.

Cette histoire a fait l’objet de très nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision mettant en scène les grands thèmes liés à la tragédie : la vengeance, la jalousie, la fidélité à la famille, le lien du sang qui prévaut sur les sentiments, l’honneur ou encore la transmission d’un héritage dont on n’est que le dépositaire temporaire. Le parallèle évident avec Roméo et Juliette de William Shakespeare entraîna la création d’une pièce de théâtre en 1999 sous le titre peu heureux de "Rodeo & Julie-Ed". L’actrice Charlize Theron vient de son côté de commander une adaptation en série télévisée de cette histoire à la période contemporaine.

La version diffusée la semaine passée sur la petite chaîne câblée History Channel a réuni entre 13 et 14 millions de spectateurs, un score bien meilleur que ceux obtenus ces dernières années par les séries classiques sur les networks. Preuve s’il en était de l’attachement du public à cette légende datant de plus d’un siècle. Dans cette mini-série en trois parties (de deux heures chacune), Kevin Costner est le chef du clan Hatfield et Bill Paxton celui du clan McCoy.Presque vingt ans après Danse avec les Loups, Costner remonte à cheval, cette fois-ci sous l’oeil de son réalisateur fétiche Kevin Reynolds. La reconstitution a bénéficié de moyens importants et cela se voit. Lire la suite sur lemonde.fr

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