La lutte continue !

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Le 8 mars, Journée Internationale des Femmes, mobilise les femmes du monde entier pour la préservation de leurs acquis, fruit d’une lutte acharnée depuis plus d’un siècle.

La femme, “victime générique” depuis des millénaires, manifeste ce jour pour faire valoir ses droits et le respect de sa personne. En d’autres termes, elle revendique sa citoyenneté pour une participation accrue à l’œuvre de construction de la société, au même titre que l’homme.

Il y a trente-cinq ans, en 1977, lorsque les Nations Unis décidèrent d’officialiser la Journée Internationale des Droits de la Femme, en invitant chaque pays de la planète à célébrer ce jour, tout ou presque était encore à conquérir. A cette époque, la pilule contraceptive fêtait timidement ses dix années dans les ménages français. Le droit à l’avortement demeurait un tabou. L’adultère venait d’être dépénalisé. La rupture de la vie commune devenait alors un motif de divorce, même sans le consentement de l’un des époux.

En outre, la possibilité pour elle d’ouvrir un compte en banque, la promulgation de la loi lui permettant de transmettre son nom à son enfant, les prix Nobels, la loi sur la parité hommes femmes en politique sont autant d’outils qui déterminent sa contribution active à l’œuvre. Aussi l’a-t-on vue s’engager si hardiment dans les dédales des révolutions, à l’instar du printemps arabe.

Amazones depuis la nuit des temps, la femme africaine n’est pas en reste. Elle se bat tous les jours pour son autonomisation et défend âprement sa place dans la mise en œuvre des programmes d’éradication de la pauvreté et de la faim.

Force est de reconnaitre que les femmes ont toujours été de tous les combats. Leur dynamisme a permis le progrès actuel dans le monde. Activistes, elles arpentent les coulisses pour promouvoir des réformes institutionnelles. Ingénieuses, elles débordent d’adresse dans l’élaboration des stratégies d’amélioration des conditions de vie des populations. Avisées, celles d’Afrique et d’Asie manifestent une grande capacité d’adaptation pour contourner les effets des mesures drastiques issues des programmes d’ajustement structurels, pour la survie de leurs familles et des communautés.

Les progrès sont certes significatifs, mais timides. Et les changements espérés ne suivent pas au rythme souhaité ; le monde étant gouverné par les hommes, pour la plupart réfractaires au changement. Merci chers messieurs de reconnaitre que derrière ces changements évidents, derrière tant de progrès, d’autres réclamations sont étouffées, la mise en œuvre des lois relatives à la promotion de l’égalité des droits bloquée, la condition de la femme quelque part dans le monde en régression. Pendant ce temps, les besoins pour la femme de participer à la vie publique ne font que croître.

Déterminées, la femme l’est dans tous les cas. Pour ce faire, elle en appelle à la solidarité internationale pour l’acquisition des outils de lutte, susceptible de briser les barrières érigées par ailleurs par un contexte de mouvance et de mondialisation, dont les effets parfois sont contrastées sur leurs droits.

Il n’est donc pas question de baisser les bras, encore moins d’engager “des querelles d’égo et de coqs” . Ce qu’elle exige, c’est un espace où respectivement, l’on “débattrait d’autres valeurs ajoutées, d’humanité et d’humanisme, de toutes ces choses essentielles qui vivent dans le cœur et le ventre des femmes *”. Ne faille-t-il donc pas, vu sous cet angle, que soit réinventer le féminisme ?

* Alain Genestar, éditorialiste de Paris Match (semaine du 29/09 au 05/10/05).

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