Dieu reconnaîtra les siens !

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En Afrique, au sud du Sahara, la religion est omniprésente. Elle est si naturelle et si obligatoire qu’elle s’impose à tous. Dans la plupart des pays, on loue Dieu avec une foi d’autant plus inébranlable que la pauvreté est criarde.

De nouvelles églises aux noms apocalyptiques fleurissent à tous les carrefours. Commissaires de police, journalistes, sans emploi etc. tous s’improvisent évangelistes, pasteurs, prophètes. La “ grâce ” touche massivement le “ peuple de Dieu ” et lui révèle chaque jour des originaux pour porter son message

Les grandes religions traditionnelles perdent une grande partie de leur clientèle, mais n’en restent pas moins les plus puissantes socialement. L’Islam radical dont Boko Haram n’est que le plus médiatique semble également avoir de beaux jours devant lui.

A la merci du “bon Dieu”

Si “ la religion est l’opium du peuple ”, jamais dans son histoire le continent africain n’a été aussi violemment accro aux nouvelles religions (“ born gain ”, winner’s chapel, love chapel, Vraie Eglise de Dieu, pentecôtistes et autres églises évangéliques…), véritables psychotropes des temps modernes. Elles contribuent, “ au nom de Dieu ”, à accentuer l’arriération économique, les replis communautaires et l’égocentrage des populatios : manipulation éhontée, extorsion de fonds à ciel ouvert, développement de médecines alternatives dans tous les sens, pratique de sorcellerie, et psychodrames, tout y passe.

Il y a quelques mois, à Yaoundé, au Cameroun, un pasteur sans foi ni loi a fait croire à Bomba, cousin d’Odile qu’il guérirait du SIDA. Celui-ci a abandonné sa trithérapie dans l’espoir que Dieu le “ purifierait ” définitivement. Mal lui en a pris, 3 mois plus tard, le pauvre est décédé de ses virus et de sa crédulité. Laissant à sa postérité un héritage de deux veuves séropositives et six orphelins. La famille ne s’est jamais pourvue en justice, parce qu’évidement “ C’était la volonté de Dieu ”.

Dans une grande partie de l’Afrique, les séances d’exorcisme sont pratiquées régulièrement. Les prêtres, les pasteurs, tous revêtent à l’occasion les frocs de guérisseur traditionnel, voyant, et chasseur de démons. Il est même arrivé que l’on essaie d’exorciser un homosexuel pour qu’il retrouve son hétérosexualité. Des élèves moyens qui sont accusés d’avoir en eux le démon de l’échec sont également exorcisés. Les fonctionnaires, pour avoir des promotions ou des affectations avantageuses y ont également recours.

C’est d’autant plus dramatique que les premières victimes en sont souvent les femmes et les enfants dits sorciers, privés de nourriture et torturés lors de séances de délivrances d’une rare violence et dramatiquement au point. Plus vulnérables psychologiquement, les femmes sont les plus nombreuses dans ces marchés de la foi. De nombreux enfants sont accusés d’apporter la misère et de répandre à leur insu la malédiction dans la famille, en République démocratique du Congo où le fait religieux est particulièrement vivace.

Au reste, le journal britannique Daily Mail a-t-il rapporté en mars le meurtre de Kristy Bamu, adolescent de 15 ans, qui a été tué pendant une séance “ d’exorcisme et de délivrance ” à Londres. Les siens, originaires de RDC (République démocratique du Congo) l’accusaient d’être habité par le démon.

L’Afrique a la religion dans le sang

Au Nigéria, les violences inter-religieuses défraient régulièrement la chronique. Par exemple, la secte salafiste Boko Haram, liée à AQMI selon Jean-Philippe Rémy du journal Le Monde, y est assimilée à un groupe terroriste et menace jusqu’à la stabilité de la sous-région…

C’est-à-dire que l’Afrique est le laboratoire de toutes les expériences mystiques, c’est la base arrière de la plupart des mouvements religieux qui, dans leur course-poursuite après des parts de marché, recrutent des soldats de la foi à meilleur marché. Ceux-ci s’exportent dans le reste du monde et s’en vont le coloniser. Le marché de la foi est, comme de juste, soumis aux lois du marché : la concurrence est ce qu’elle est. La foi est une formidable pompe à fric.

L’on ne compte plus les chaînes de télévision (Emmanuel TV, etc.), les pasteurs thaumaturges (T.B. Joshua, etc.), les témoignages improbables qui continuent de drainer des millions d’âmes désespérées par des conditions économiques particulièrement difficiles dans les voies insondables de la foi.

La question avait déjà été posée de savoir si ces religions qui ignorent souvent l’identité africaine sont des facteurs d’aliénation et d’obscurantisme… Poser à nouveau la question, c’est déjà confirmer une partie de la réponse qu’elle contient.

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