MANUEL VALLS en état de grâce : A quoi pense-t-il en se rasant le matin ?

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Moins d’un Français sur deux a une bonne opinion du président français, un peu plus de cent jours après son entrée à l’Elysée. 54% des Français se disent “mécontents” de l’action de François Hollande comme président de la République, contre 46% qui s’estiment “satisfaits”, selon un sondage Ifop paru dans le Figaro (août2012).

La petite phrase de la maire de Lille et future ancienne Première secrétaire du parti Socialiste n’est pas passée inaperçue. Elle disait en effet souhaiter un deuxième mandat pour leur champion, le président François Hollande. C’est que rien ne va de soi et à l’heure qu’il est rien n’est acquis, Nicolas Sarkozy avait fait une bien meilleure entrée en matière, du moins dans les cœurs des Français, pour toucher au bout de cinq ans les profondeurs des sondages.

Martine Aubry veut un deuxième mandat pour François Hollande et Manuel Valls veut un premier mandat pour lui. En 2017 ou après. En tout cas, il veut être prêt et continue de creuser sa différence, celle que l’éditorialiste Rokhaya Diallo appelait un peu hâtivement “ isolement politique” , dans une tribune parue le 30 août dans le Monde. Manuel Valls n’est pas seul, il est si soutenu que Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national du PS chargé de la sécurité a commis lui aussi une tribune dans Le Monde le même jour, où il affirme que “Valls va dans le bon sens”.

Il se passe que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sur la question des contrôles au faciès, ne montre pas un enthousiasme des plus débordants sur l’idée avancée, par ses camarades du parti, le premier ministre et François Hollande lui-même, qui veut que désormais chaque contrôle d’identité soit assorti de la délivrance d’un récépissé. Cela, entend-on, limiterait les contrôles abusifs. Manuel Valls est l’atout charme de la gauche face à sa relation avec le peuple de droite.

La gauche est au pouvoir, mais la France est-elle pour autant revenue de ses vieux démons de l’immigration ?

Le démantèlement des camps de Roms se fait avec la manière, mais elle se fait quand même, ce qui est bien le vœu des Français. Et sur le point de savoir ce qu’aurait pensé Nicolas Sarkozy sur la question des récépissés, il y a fort à parier qu’elle ne se distinguerait pas de la position de Manuel Valls, qui veut donner le sentiment de faire primer l’idée que les classes aisées et les “Blancs” se font de leur sécurité par rapport à celle que la société civile et les Noirs et les Arabes se font de leur honneur, parfois foulé au pied par des policiers.

A l’heure où les sondages se durcissent contre le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls monte en puissance aussi bien à gauche qu’au sein des électeurs et sympathisants de droite, où il est le socialiste préféré, bien loin devant Montebourg ou Hamon. Si cette tendance se confirme, il pourra, l’an prochain, soit dix ans après Nicolas Sarkozy, dire qu’il n’y pense pas seulement en se rasant le matin.

Plus d’un Français sur deux (53%) a une image positive de Manuel Valls “en tant que ministre de l’Intérieur”, contre un quart (27%) qui ont une opinion négative, selon un sondage LH2 pour le Nouvel Observateur paru le 19 juillet dernier. Ces chiffres ne lui ont surement pas échappé.

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