Affaire DSK : le parquet de Lille ouvre une enquête préliminaire pour viol en réunion

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Après les plaintes de Nafissatou Diallo et Tristane Banon, un nouvel épisode fâcheux s’ouvre pour Dominique Strauss-Kahn dont la défense et les proches assurent qu’il n’est pas un homme violent.

Frédéric Fèvre, le procureur de la République de Lille, a annoncé, lundi 21mai, l’ouverture d’une enquête préliminaire pour viol en réunion. Elle fait suite à la dénonciation par les juges qui instruisent l’affaire du Carlton de faits survenus lors d’une soirée organisée à Washington pour l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) par ses amis lillois.

Marion, la jeune femme concernée, n’a pas déposé plainte. "Si je n’avais pas été présente pour mon activité d’escort, ça ne me serait pas arrivé", avait-elle justifié aux policiers interpellés par son récit. Mais son silence n’empêche pas la justice de se saisir d’accusations graves qui visent directement M. Strauss-Kahn et David Roquet, l’ancien responsable d’une filiale d’Eiffage dans le Nord.

Dans une chambre de l’hôtel W, à deux pas de la Maison Blanche

"Il s’agit d’un traitement judiciaire tout à fait classique, dès lors qu’il y a des accusations graves et contradictoires. Seules des investigations approfondies permettront de déterminer si l’infraction est constituée ou pas", prévient le procureur. M. Fèvre est un homme prudent. C’est cette même prudence qui l’a conduit à attendre la fin de la séquence présidentielle pour rendre publique sa décision.

La police judiciaire de Lille, à qui cette enquête a été confiée, va devoir confronter les témoignages, dont certains contradictoires, des personnes présentes dans le huis clos de cette chambre d’hôtel, pour déterminer la réalité des faits. La soirée s’est déroulée le 16 décembre 2010 à l’Hôtel W, à deux pas de la Maison Blanche. Il y a là Fabrice Paszkowski, grand organisateur des soirées de DSK, David Roquet, l’entrepreneur de travaux publics, le commissaire Jean-Christophe Lagarde et leurs accompagnatrices belges, Estelle et Marion.

Tous sont arrivés la veille de Paris pour rencontrer le patron du FMI. Après un repas très arrosé, la petite troupe décide de poursuivre la soirée dans la suite que se partagent les deux filles. Seul Jean-Claude Menault, le patron de la police du Nord, également du voyage, s’esquive devant la tournure des événements.

Au début de ces agapes d’après-dîner, raconte Marion - qui a reçu 2 300 euros pour le voyage -, elle a une relation sexuelle classique avec Dominique Strauss-Kahn, même si elle s’étonne de la "brusquerie" de son partenaire. Puis vient le second exercice que veut lui imposer DSK, qu’elle refuse d’un "non" distinct, assure-t-elle aux policiers, le 5 décembre 2011, sur procès-verbal.

"J’ai essayé de me dégager, mais c’était compliqué car il était sur moi et il est très lourd." Estelle, l’autre escort, qui n’est pas loin, s’occupe de "ses affaires", mais "elle m’a entendu protester", jure Marion. "J’ai continué à dire que je ne voulais pas (...). Je n’ai pas hurlé, mais je [l]’ai dit clairement (...) à plusieurs reprises à haute voix (...). J’ai essayé de me dérober (...), mais Dominique Strauss-Kahn m’a retenue avec son poids."

David Roquet vient alors à l’aide de Dominique Strauss-Kahn. "Il (...) a pris mes poignets (...) pour m’empêcher de bouger (...). Après je n’ai plus rien dit et j’ai attendu que ça se passe", affirme-t-elle. Si ce dernier ne l’avait pas maintenue, Marion jure qu’elle "aurai[t] essayé de [se] soustraire gentiment". Seule avec DSK, elle "aurai[t] peut-être pu le convaincre", pense t-elle. "Mais étant donné que David Roquet me tenait les mains et qu’il encourageait de la voix DSK (...), je suis certaine que DSK ne m’a pas écoutée."

La contrainte et la surprise

Chacun des participants de la soirée a déjà donné sa version des faits. "Tout s’est bien passé", a assuré David Roquet aux enquêteurs, le 16 janvier, même si l’alcool a pu altérer ses souvenirs. "[Nous avons bu] peut-être un peu plus que d’habitude", a-t-il admis. "Du champagne et du Red Bull (...). J’avais dû prendre un demi-cachet de Viagra. En plus, au cours du repas, nous avions pris du vin et avant plusieurs apéros." Lire la suite sur lemonde.fr

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