Hollande a l’air moins inquiet que les Français !

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François Hollande a donc donné hier la première conférence de presse de son quinquennat. Il a défendu son action et nié tout virage politique. Votre parti pris : Hollande a l’air moins inquiet que les Français. Vous l’avez trouvé trop à l’aise ?

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François Hollande face à 400 journalistes. Deux heures de questions-réponses

Il y avait un décalage entre le fond du discours, qui se voulait empreint de gravité, et la forme, qui était bonhomme - c’était le François Hollande astucieux, blagueur. Certes, il a dit que “la situation est grave”, que son “devoir” est de prendre des mesures douloureuses, mais il l’a dit avec une sorte de détachement qui pouvait passer pour de la désinvolture. Churchill promettait “du sang et des larmes”. Hollande, lui, cherchait à faire sourire. Le président normal était un président jovial. Il était sans doute content d’être là. Mais c’était un peu inapproprié.

Est-ce que ce détachement apparent n’est pas une posture destinée à rassurer les Français ? Ou peut-être que François Hollande est simplement convaincu que sa politique est la bonne...

Ce serait bien le moins. Mais rien ne dit que l’autosatisfaction soit un remède efficace contre la morosité. En plus de deux heures, François Hollande n’a reconnu ni atermoiements, ni renoncement, ni même une hésitation. Il a dit : “J’ai fait mes choix, je m’y tiens.” C’est un discours de fermeté qui a ses vertus, mais qui, là encore, apparaît en contradiction avec ce que les Français ont sous les yeux. Au moins sur la hausse de la TVA et sur la baisse des dépenses publiques, il y a bien eu un virage dans la politique de François Hollande. S’il l’admettait, ce serait (déjà) un tournant dans sa présidence.

La phrase qui a surpris, dans cette conférence de presse, c’est celle qu’il a prononcée sur le chômage qui, selon lui, “va continuer à augmenter pendant un an”. C’est un renoncement ?

Plutôt un loupé. Il n’a pas mesuré qu’en disant cela il adressait le signal inverse de celui qu’il voulait envoyer : la mobilisation totale sur le front de l’emploi. D’ailleurs, il a dit aussi qu’il comprenait le scepticisme des Français, avec cette formule : “Tout a été dit, mais tout n’a pas été tenté”, qui rappelle deux citations fameuses, de deux autres dirigeants socialistes, qui exprimaient une forme de fatalisme : Mitterrand : “Contre le chômage, on a tout essayé” et Jospin : “L’État ne peut pas tout.” François Hollande a raison de dire, lui, que tout doit être fait. Lire la suite sur Lepoint.fr

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