Journée européenne contre l’austérité : la CFDT veut un “contrat social”

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A l’appel des syndicats, plus d’une vingtaine de pays du sud du continent se sont mobilisés pour organiser une “journée européenne d’action et de solidarité”. En France, près de 130 défilés sont prévus. CFDT et CGT marcheront ensemble à Paris, pour la première fois depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir.

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“C’est la première fois dans l’histoire de l’Europe qu’aura lieu une mobilisation d’une telle ampleur simultanément dans nombre de pays”, se félicitait mardi la CGT. En effet, Espagnols, Italiens, Portugais, Grecs ou encore Français, descendent ce mercredi 14 novembre dans la rue pour dire non à l’austérité et défendre les travailleurs les plus durement frappés. Des actions symboliques sont également au programme en Allemagne, en Autriche ainsi qu’aux Pays-Bas.

Selon Marcel Grignard, membre de la direction de la CFDT, la confédération ne va pas dans la rue “contre” le gouvernement. Elle réclame un “contrat social” et des “mesures de relance” au plan européen et un “desserrement des calendriers de retour à l’équilibre budgétaire”. Les jeunes sont aussi dans les cortèges à l’appel de leur syndicat UNL, qui invite au “combat contre l’austérité et le chômage, dont les jeunes sont les premières victimes”, et sont rejoints par la jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

“Ces manifestations ne vont pas mettre en cause notre politique, mais plutôt la soutenir” a souligné le président François Hollande lors de sa conférence de presse mardi, il a d’ailleurs intensifier son propos en précisant que le nombre de chômeurs allait continuer à croître de façon “continue pendant un an”.

Dénonçant le pacte de compétitivité de 20 milliards d’euros d’aides aux entreprises, Bernard Thibault a estimé la semaine dernière que la politique de François Hollande n’est “pas suffisamment en rupture” avec celle de Nicolas Sarkozy.

Côté politique, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, numéro un du PCF, tous deux très critiques envers le gouvernement, défileront à Paris. Tandis que Jean-Claude Mailly, numéro un de FO, qui habituellement ne participe pas aux défilés unitaires, manifestera à Madrid avec les syndicats espagnols “pour résister à ces rouleaux compresseurs de l’austérité”.

Une journée de mobilisation européenne en forme d’avertissement

En France, relayant l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES), cinq organisations françaises -CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa- appellent à des manifestations "pour l’emploi, la solidarité en Europe et contre l’austérité", près de 130 défilés sont prévus. A Paris, le cortège partira en début d’après-midi de Montparnasse (14e) vers l’Ecole militaire (7e). Il s’agit de la première mobilisation unitaire CGT/CFDT depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir. Bernard Thibault et François Chérèque défileront côte à côte à Paris.

Dans leur appel commun, les cinq syndicats “expriment leur ferme opposition aux mesures d’austérité qui font plonger l’Europe dans la stagnation économique, voire la récession”, créent “des injustices” et “mettent à mal le modèle social européen”. La CGT et Solidaires ciblent directement la politique du gouvernement Ayrault : “la politique que vous suivez va aggraver la situation et met le pays en récession”. Ils s’inquiètent également de “l’arbitrage” que rendra le gouvernement sur la réforme du marché du travail “alors que le Medef réclame encore plus de flexibilité”.

Une grève générale est appelée en Espagne et au Portugal où la colère grandit face au chômage.

Les politiques d’austérité prolongent et accentuent la crise économique et sociale née de la crise de la dette souveraine assurent les syndicats européens qui prennent part au mouvement. “À semer l’austérité, on récolte la récession, l’augmentation de la pauvreté et l’angoisse sociale”, soutient la secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol.

Seuls 20% des trains inter-cités et un tiers des trains de banlieue devraient circuler en Espagne. A Lisbonne, le métro restera fermée et seuls 10% des trains circuleront dans le cadre d’un service minimum ordonné par les tribunaux. En Grèce, les syndicats du public et du privé ont demandé trois heures d’arrêt de travail en solidarité au mouvement en Espagne et au Portugal.

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