Ce que veulent les femmes

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Plus d’un siècle après les premières luttes des ouvrières européennes et des suffragettes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail, l’égalité, les femmes attendent toujours d’être débarrassée du poids des inégalités et des injustices.

La Journée Internationale de la Femme rappelle au monde que leur engagement pour l’égalité continue. Bien sûr, le monde a changé depuis les manifestations de 1903 et les mentalités ont évolué. Les revendications des femmes d’hier ne sont plus tout à fait les mêmes aujourd’hui. Pour autant, les discriminations doivent-elles persister?

Les femmes disent que la lutte dure tous les jours de l’année. Le 8 mars est-il une énième journée d’indignation et de revendications sur la condition féminine ? Ou bien prendraient-elles le temps de constater et d’apprécier leurs victoires ?

Quelles luttes aujourd’hui ?

La réponse à cette question n’est pas aisée, tant les terrains de lutte sont étendus et dispersés dans le monde. Ici les femmes souffrent des inégalités, là elles subissent des injustices… Et les progrès en matière de lutte pour leurs droits sont géographiquement localisés et incertains.

En effet, si la situation de la femme occidentale s’est considérablement améliorée en un siècle grâce aux luttes des mouvements féministes, les choses sont malheureusement différentes pour la femme orientale ou africaine. Le droit d’ouvrir un compte bancaire et de travailler sans l’autorisation de son époux, le partage de l’autorité parentale, la reconnaissance du viol au sein du couple comme crime, la liberté sexuelle ne sont pas des acquis pour toutes les femmes. Celles pour lesquelles ces droits, liés à leur condition familiale, sociale ou économique sont des acquis, continuent de subir d’autres formes d’inégalités.

De fait, les inégalités salariales, à compétences et à postes égaux, persistent. La sous représentativité à des postes à responsabilité est un fait notoire. Le droit à un traitement égalitaire à la retraite est un leurre. A cet état des lieux s’ajoute le poids du quotidien. Les femmes assurent encore plus de 80% des tâches ménagères et d’éducation des enfants. Les violences conjugales et familiales à leur encontre perdurent. Par ailleurs, la conjoncture actuelle marquée par la crise économique et le retour du religieux tend à freiner ou à neutraliser toute forme de combat pour les droits des femmes. Devant ce sombre tableau, « la journée de la jupe », celle du boubou ou du sari n’y font rien.

Loin d’être complète, la liste des luttes à mener aujourd’hui est bien longue. Et plus que jamais, la journée du 8 mars est nécessaire pour au moins deux raisons :
-  l’engagement doit continuer ;
-  et surtout les femmes doivent préserver leur butin de guerre et célébrer leurs victoires.

Nos trésors de guerre

La lutte pour les droits des femmes et les victoires remportées sont celles de l’Homme.
Mais, pour cette journée en l’honneur des femmes, chers messieurs, à titre exceptionnel, le « nous » sera exclusivement féminin. Chères mesdames, de nos victoires, nous comptons notre liberté politique. En effet, du mythe d’Antigone à la bien réelle et actuelle AUNG San Suu Kyi, en passant par la « déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » de 1791, une nouvelle catégorie politique existe : la femme.

Il y a quelques mois encore, l’action des femmes durant le printemps arabe a conduit quelques théocraties arabo-musulmanes à leur octroyer le droit de vote. Il en va de même pour l’implication active des femmes ivoiriennes dans la crise politique de leur pays ; cela a démontré leur engagement pour la chose politique.

En outre, la liberté de disposer de son corps, celle pour laquelle Simone De Beauvoir, Simone Veil et tant d’autres se sont battues, constitue un droit fondamental à notre condition de femme. Et, en dépit des réticences idéologiques - sous couvert d’éthique - qui entourent encore ce précieux sésame, c’est une incontestable victoire.

Toutefois, entre bataille et victoire, force est de constater que le bilan est mitigé.
Mais l’espoir d’une victoire finale, celles de l’égalité entre les hommes et les femmes reste bien présent. Alors, nous faisons un rêve…

Pour un 8 mars, Journée Internationale de l’Egalité entre les hommes et les femmes … un rêve humaniste

Chères Mesdames, chers Messieurs, le « nous » est inclusif. Nous faisons un rêve : celui de l’égalité entre les hommes et les femmes! Une égalité dans la vie personnelle et professionnelle. Cette égalité qui est un droit fondamental pour toute personne, quel que soit son sexe, son appartenance sociale ou religieuse. Le sens de ce rêve ne serait pas celui d’un regain de féminisme, mais l’expression d’une solidarité dans le devoir et d’un partage des droits.

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